Essaye De Ne Pas Rire Football Playoffs

La mésaventure avait fait sourire bien au-delà des frontières normandes. Fin-novembre, Ismaël Diomandé retrouve à Strasbourg son ancien coéquipier Idriss Saadi, qu’il a connu à Saint-Étienne. Le défenseur central caennais s’arrête discuter quelques instants avec l’international algérien à la sortie du vestiaire. Quand il sort du stade, le bus de son équipe a disparu. Le Stade Malherbe est parti sans lui à l’aéroport. L’Ivoirien prendra finalement le vol comme prévu, mais l’anecdote fera date. « Ça me fait rire », préfère-t-il retenir à juste titre.

À ce moment-là, Ismaël Diomandé avait joué un match en Coupe de la Ligue et un autre en Ligue 1 – la déroute 5-0 à Marseille – en plus d’une rapide entrée en jeu contre Bordeaux. Depuis, son temps de jeu n’a pas été révolutionné, puisqu’il n’a joué que trois autres matchs de championnat, mais le joueur de 25 ans a pris une autre stature. Il s’est même mué en homme des grands rendez-vous. « Depuis que je suis là, j’ai toujours joué des gros matchs. Pour moi, ça compte pour cinq matchs », dit-il dans un sourire.

« À chaque fois que j’ai eu l’opportunité de jouer, je l’ai saisie »

Il est vrai que la saison dernière avait amorcé le processus avec une titularisation au Parc des Princes lors du fameux match nul synonyme de maintien. Cette année, Ismaël Diomandé a pris une envergure encore différente. Il est devenu le sauveur de son équipe en Coupe de France. Après avoir offert l’égalisation à son équipe contre Metz à la 114ème minute, et converti son tir au but lors de la séance consécutive, il a éliminé l’Olympique Lyonnais d’un coup de tête imparable, jeudi soir. La première qualification du Stade Malherbe pour les demi-finales de la Coupe de France lui revient en grande partie.

L’histoire est belle pour l’ancien stéphanois, barré par une forte concurrence depuis son arrivée sous forme de prêt en janvier 2016, et pourtant entré dans l’histoire du club. Avec beaucoup de joie, mais sans euphorie particulière.

Je me rendrai compte de l’importance de ce but dans les années à venir.

Le milieu de terrain d’origine, reconverti en défense centrale, y voit surtout « le fruit de [son] travail ». Une belle récompense d’un investissement constant. « Je sais que dans le football, il y a des hauts et des bas. Je suis quelqu’un qui ne lâche pas, qui travaille tout le temps. À chaque fois que j’ai eu l’opportunité de jouer, je l’ai saisie. Je suis là pour le collectif. Quand le coach a besoin de moi, j’essaie de donner le meilleur de moi-même pour lui rendre sa confiance. »

« Les mecs sont là, ils sont costauds… »

Quatrième défenseur dans la hiérarchie caennaise, derrière Damien Da Silva, Alexander Djiku et Romain Genevois, Ismaël Diomandé n’en reste pas moins un élément sur lequel Patrice Garande compte. L’entraîneur caennais a refusé de le laisser partir lors du dernier mercato hivernal. « Quand je fais appel à lui, il répond présent. Je sais que c’est un garçon sur qui je peux compter. »

L’international ivoirien a-t-il eu des envies d’ailleurs ?

Je n’ai pas forcément envie d’aller voir ailleurs parce que ça se passe mal ici. Je pense que je fais le bon choix. Les mercatos d’hiver, c’est compliqué. Je ne voulais plus commettre les mêmes erreurs que j’ai faites, prendre des décisions sur la frustration, me précipiter. J’ai la chance d’avoir des gens autour de moi qui me conseillent bien. Cet été, on verra, mais là je commence à jouer donc j’ai tout pour réussir ici.

Il n’en demeure pas moins que la « frustration » est inévitable quand le temps de jeu est très limité. « C’est très dur de ne pas jouer, ou de jouer avec la réserve. Des fois, je me dis que je n’avance pas, je me demande ce que je fais. Mon entourage me dit : continue de travailler, ça va payer. Je prends sur moi. J’essaie de rester positif. […] Tu ne peux rien dire, les mecs sont là, ils sont costauds. Au fond de moi, je sais où je veux jouer, où je peux apporter le plus à l’équipe. Il y a toujours eu de la concurrence. C’est ce qui tire le groupe vers le haut. »

« Il faut mettre les états d’âme de côté »

Ismaël Diomandé s’applique à rester irréprochable. « Quand on est professionnel, le comportement compte. Il faut mettre les états d’âme de côté. J’essaie toujours de donner le maximum. C’est comme ça que je vois le football. » Gêné par des pépins physiques peu après son arrivée à Caen, contraint de s’adapter à un poste de défenseur qui n’est pas celui où il a été formé, le numéro 4 du Stade Malherbe n’aura pas eu un parcours facile en Normandie. « Là, je me sens mieux, dit-il. Je suis à 100 %. »

Les Lyonnais l’ont observé à leurs dépends. Le nom d’Ismaël Diomandé est désormais gravé dans le marbre. Marquer coup sur coup deux buts décisifs quand on est défenseur central, c’est une vraie prouesse. Et ça, nul ne l’enlèvera au natif d’Abidjan, qui devrait pouvoir enchaîner cet après-midi contre Strasbourg.

Aline ChatelSport à Caen

SM CaenSport à CaenNormandieCaen

Recruté à prix d'or par Tottenham l'été dernier, Moussa Sissoko joue peu cette saison. Malgré son Euro globalement réussi, l'international tricolore ne parvient pas à convaincre Mauricio Pochettino. Et cela ne devrait pas s'améliorer dans les prochains mois...

Sissoko n'est pas au mieux à Tottenham.

Après une saison très difficile à Newcastle, relégué en Championship, Moussa Sissoko (27 ans) a réussi à garder une grosse cote sur le marché des transferts. Comment ? En réalisant une fin d'Euro époustouflante face à l'Allemagne (2-0) et au Portugal (0-1 ap).

Deux énormes prestations qui ont permis aux Magpies de le céder contre un très joli chèque de 35 millions d'euros à Tottenham, soit le transfert le plus onéreux de l'histoire du club anglais. Mais plus de 5 mois plus tard, la magie a disparu.

Sissoko très loin dans la hiérarchie

Et pour cause, le milieu de terrain de l'équipe de France joue peu. Avec seulement neuf titularisations en 21 rencontres toutes compétitions confondues, l'ancien Toulousain ne fait pas partie des premiers choix de Mauricio Pochettino. Dele Alli, Christian Eriksen, Victor Wanyama, Eric Dier, Moussa Dembélé, tous disposent d'une voire deux longueurs d'avance sur le Français, remplaçant de luxe et qui joue des coudes avec le prometteur Harry Winks afin de bousculer la hiérarchie.

Une déception pour le principal intéressé, qui ne baisse pas les bras. «J'espérais avoir beaucoup plus de temps de jeu, mais bon après comme je l'ai dit auparavant, j'ai intégré un collectif qui a très bien fonctionné l'an dernier, terminant troisième. C'est quasiment le même effectif avec 2-3 nouveaux donc petit à petit j'essaye de faire de mon mieux. Lors du peu de temps de jeu que le manager me donne, j'essaye de donner le meilleur de moi-même pour aider l'équipe» , a pensé le Bleu au micro de SFR Sport.

Sissoko incompatible avec le style Pochettino ?

«On verra bien ce qui va se passer, le plus important, c'est le collectif, on montre de belles choses. Moi, personnellement, je vais continuer à me battre, à essayer d'apporter ce que je peux à l'équipe et essayer d'avoir le plus de temps de jeu possible, je pense que c'est la chose la plus importante» , a continué le natif du Blanc-Mesnil.

Sauf que la machine Tottenham, 2e de Premier League, tourne à plein régime et on voit difficilement comment l'entraîneur argentin pourrait changer ses plans dans la dernière ligne droite. Joueur de devoir et fidèle soldat, Sissoko n'est-il pas condamné au banc du côté de White Hart Lane ? Car s'il peut soulager ses partenaires avec ses qualités physiques impressionnantes dans les fins de match, son style de jeu ne colle pas forcément au football souhaité par Pochettino. A moins d'un miracle, son aventure chez les Spurs n'est pas près de décoller...

Que pensez-vous de la situation de Sissoko à Tottenham ? Quel avenir pour le Français ? N'hésitez pas à réagir dans la rubrique «commentaires» ci-dessous.





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